Czechoslovakian Wolfdog
Une expérience militaire de 1955 qui n’a jamais cessé de se comporter comme telle.
Infos essentielles
| Taille | Grande · à partir de 65 cm (mâles), 60 cm (femelles) — le standard ne fixe aucune limite supérieure |
| Poids | À partir de 26 kg (mâles), 20 kg (femelles) · la plupart des adultes font 20–30 kg |
| Espérance de vie | 13–16 ans |
| Énergie | Très élevée — fait pour avaler du terrain toute la journée, pas pour le tour du pâté de maisons |
| Perte de poils | Importante — le sous-poil d’hiver part par paquets entiers chaque printemps |
| Pelage | Poil droit, bien couché, avec sous-poil · gris-jaune à gris-argenté, toujours avec un masque clair |
| Groupe | Berger · Chiens de berger, avec épreuve de travail (FCI n° 332, groupe 1) |
| Origine | Czechoslovakia |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard demande un chien vif, très actif, endurant, docile, aux réactions rapides, intrépide, courageux, méfiant et immensément fidèle à son maître. Le mot méfiant figure bel et bien dans le texte, et ça se voit. Un Chien-loup tchécoslovaque choisit une ou deux personnes, leur donne à peu près tout, et traite le reste du monde comme une question à laquelle il répondra lentement. Il lit la posture et le mouvement mieux qu’il n’accepte les ordres à la voix, son instinct de prédation se déclenche à cent mètres, et la répétition tue son intérêt : le troisième rappel d’affilée est simplement ignoré. C’est aussi ce qui a cassé le programme d’origine : les maîtres-chiens de la Garde-frontière changeaient environ tous les quinze mois, et au troisième ou quatrième changement les chiens ne travaillaient plus pour le nouveau. L’indépendance, l’endurance et l’attachement à une seule personne sont ce qui séduit, et ce sont exactement les raisons pour lesquelles c’est un mauvais premier chien et un mauvais animal de compagnie pour la plupart des foyers.
Habitudes et particularités
Il trotte, il ne marche pas
Le standard décrit un trot léger et couvrant, tête et encolure portées près de l’horizontale. Cette allure est faite pour traverser du pays toute la journée, et c’est pour ça qu’une heure en laisse ne compte presque pas.
Il n’aboie pas
L’aboiement est quasi absent : ce n’est pas comme ça que ce chien parle. Tu auras des gémissements, des grognements, des grondements sourds et, certains soirs, des hurlements, en général repris par tous les chiens de la rue.
Il s’en va
Les clôtures se franchissent par-dessus, se creusent par-dessous, ou cèdent au niveau du gond du portail. Les maîtres finissent avec un grillage haut et enterré, et le chien trouve quand même le point faible avant eux.
Il choisit sa personne
Il s’attache très fort à un seul maître et garde beaucoup de distance avec le reste de la maison. Un adulte qui change de foyer peut mettre des mois à transférer cet attachement, et certains n’y arrivent jamais tout à fait.
À noter
| Exercice | Deux heures par jour de vrai mouvement, c’est le plancher : course à pied, vélo, randonnée, canicross, pistage, mantrailing. Il a été sélectionné pour l’endurance, alors en voir un vraiment fatigué est rare : le but, c’est une tête qui a travaillé, pas un corps épuisé. |
| Toilettage | Facile la majeure partie de l’année. Le poil est droit, couché et en grande partie autonettoyant, et un brossage par semaine suffit. Le printemps fait exception : l’énorme sous-poil d’hiver part par poignées pendant des semaines, et rien ne l’empêche de finir par terre. |
| Formation | Des séances courtes, des friandises de haute valeur, et rien de répété plus de quelques fois. Il ne s’usera pas sur des exercices pour te faire plaisir. Socialise-le dès huit semaines et continue au-delà de deux ans, parce que la race mûrit lentement et que la réserve se durcit en peur si on la laisse faire. Ne compte jamais sur son rappel en liberté à proximité de bétail, de chats ou de gibier. |
| Santé | Solide dans l’ensemble, avec trois points sur lesquels exiger des papiers de l’éleveur : la dysplasie de la hanche, la myélopathie dégénérative (un test ADN SOD1 — la maladie a été confirmée dans la race à l’université de Bologne en 2015) et le nanisme hypophysaire, que les clubs tchèque et slovaque dépistent par ADN. Des certificats, pas des paroles. |
Questions fréquentes
Est-il légal de posséder un Chien-loup tchécoslovaque ?
Ça dépend d’où tu vis, alors vérifie avant de craquer sur une photo. La Norvège l’interdit purement et simplement : l’autorité norvégienne de sécurité alimentaire le classe parmi six races prohibées, et l’interdiction couvre la détention, l’élevage et l’importation, jusqu’à la semence et aux embryons. Au Royaume-Uni, c’est une race de chien reconnue et il n’a besoin d’aucune licence au titre du Dangerous Wild Animals Act — cette licence vise les croisements de loup de première et de deuxième génération, que la race ne produit plus depuis les années 1950. En République tchèque et en Slovaquie, ses pays d’origine, c’est une race enregistrée ordinaire. Ailleurs, la situation varie d’un pays à l’autre, et aux États-Unis d’un comté à l’autre, parce que les règles locales sur les hybrides de loup peuvent viser un chien sur sa seule ascendance et son apparence. Les bailleurs et les assureurs, c’est encore un autre obstacle.
Est-ce un bon chien de famille ?
Pour la plupart des familles, non. Le dernier apport de loup remonte à 1983 et les chiens d’aujourd’hui en sont éloignés de nombreuses générations, mais le caractère n’a pas été dilué : fort instinct de prédation, rappel peu fiable, un vrai talent pour s’échapper, et aucune patience pour la répétition. Dans son propre foyer, il peut être doux et profondément attaché, et ce n’est pas une race agressive : le standard disqualifie aussi bien l’agressivité que la timidité excessive. Ce qu’il lui faut, ce sont des heures de travail par jour, une clôture qui tient vraiment, un maître expérimenté et, le plus souvent, un autre chien pour lui tenir compagnie. Les petits animaux ne sont pas en sécurité avec lui. Les associations de sauvetage européennes récupèrent régulièrement ceux qui ont été achetés pour leur allure.
En quoi est-il différent du Chien-loup de Saarloos ?
Deux races nées d’un croisement avec le loup, faites pour des raisons différentes. Le Chien-loup de Saarloos (standard FCI n° 311) a été lancé aux Pays-Bas en 1935 par Leendert Saarloos, qui a croisé un Berger allemand avec un loup d’Europe du zoo de Rotterdam ; le club canin néerlandais l’a reconnu en 1975 et la FCI en 1981. Il n’a jamais été construit autour d’un métier, et il est plutôt plus réservé et plus prompt à se dérober devant un inconnu. Le Chien-loup tchécoslovaque, lui, a été fait pour la patrouille frontalière, figure dans le groupe 1 de la FCI avec épreuve de travail, et c’est le plus dur au travail et le plus facile à éduquer des deux. Ni l’un ni l’autre n’est un chien pour un débutant.