Greenland Dog
Le seul chien de traîneau du Groenland, resté pur grâce à une ligne sur la carte.
Infos essentielles
| Taille | Grande · à partir de 60 cm (mâles) / 55 cm (femelles) |
| Poids | 30–32 kg — le standard n’indique aucun poids |
| Espérance de vie | 12 à 14 ans |
| Énergie | Très élevée — sélectionné pour tirer un traîneau chargé toute la journée |
| Perte de poils | Forte — le sous-poil arctique part par poignées |
| Pelage | Double poil dense · toutes les couleurs, unies ou panachées, sauf albinos |
| Groupe | Chiens nordiques de traîneau (standard FCI n° 274, Groupe 5) |
| Origine | Greenland (patronage: Denmark) |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard FCI met trois qualités en avant : l’énergie, la force mentale et la hardiesse. Puis il écrit ce que la plupart des standards préfèrent taire. Un chien du Groenland qui travaille en attelage ne s’attache pas particulièrement à une personne, et le standard en tire la conclusion qui s’impose : cela fait un mauvais chien de garde. Il est aimable avec des gens qu’il n’a jamais vus. Ce à quoi il tient, c’est l’équipe et le travail. Ces chiens vivent en groupe, règlent les rangs entre eux et déchiffrent vite un congénère — c’est ce qui permet à un musher d’en aligner une douzaine côte à côte sur la banquise. Le standard note aussi un fort instinct de chasse au phoque et à l’ours polaire, et cet instinct ne s’éteint pas devant un mouton ni devant le chat du voisin. La hardiesse, ici, c’est un chien qui continue quand ça fait mal, pas un chien qui cherche la bagarre.
Habitudes et particularités
Il court en éventail, pas en file
Sur la banquise, les attelages groenlandais s’ouvrent de front, chaque chien sur son propre trait : chacun choisit ses appuis, et celui qui passe à travers une glace trop mince n’entraîne pas les autres derrière lui. L’Avannaata Qimussersua, la course championnat créée en 1989 à Uummannaq, plafonne les attelages à douze chiens.
Il répond en hurlant
Il aboie peu et hurle beaucoup, et il hurle en chœur. Un chien lance, tout le chenil suit, ça tient une minute ou deux puis ça retombe. Les voisins remarquent ça bien avant tout le reste.
Il vit dehors
Au Groenland, les chiens sont tenus dehors toute l’année et, par la loi, à l’attache passé six mois. C’est le poil qui rend la chose possible : un sous-poil doux et dense sous un poil de couverture droit et rêche, sans la moindre ondulation.
Sa truffe change de couleur l’hiver
Le standard le dit sans détour. La grosse truffe foncée peut virer au rose au fil de l’hiver, puis se repigmenter, et dans la race on appelle ça la truffe d’hiver.
À noter
| Exercice | Il doit tirer. Un kart de mushing, une trottinette, un traîneau, un vélo : des heures, presque tous les jours. La promenade ne remplace rien. La chaleur est la vraie limite, donc l’été le travail se fait à l’aube ou ne se fait pas. C’est une mauvaise race pour un climat doux. |
| Toilettage | Un brossage par semaine empêche le sous-poil de feutrer, puis tous les jours pendant les deux mues, quand il part par poignées une quinzaine de jours durant. Ne le tonds jamais. Il sent peu et ne réclame que rarement un bain. |
| Formation | À la récompense et tôt, mais sans te tromper sur ce que l’éducation achète ici. Un chien du Groenland apprend vite les lignes et les commandements du traîneau, et met bien plus longtemps à s’intéresser à l’obéissance de la maison. Le rappel est le point faible et, l’instinct de chasse étant intact, travailler sans laisse n’est pas un objectif réaliste. Clôture profond autant que haut. |
| Santé | Une population fonctionnelle, jamais sélectionnée sur le physique, et dont les travaux génomiques de 2025 montrent une consanguinité limitée. Demande aux éleveurs un dépistage des hanches et un examen oculaire. Au quotidien, les vrais risques s’appellent coup de chaud, prise de poids chez un chien sous-employé, et les dégâts qu’un chien qui s’ennuie fait dans un jardin. |
Questions fréquentes
Le chien du Groenland peut-il vivre en chien de compagnie ?
Dans un petit nombre de foyers, oui, et la plupart des foyers n’en font pas partie. La race est aimable avec les gens, inconnus compris, mais elle ne se fixe pas sur un maître comme le fait un chien d’arrêt. Elle hurle, elle creuse, elle lâche un sous-poil arctique dans toute la maison deux fois par an, et il lui faut tirer du poids pendant des heures presque tous les jours. Le rappel est le point de blocage : le standard note un fort instinct de chasse au phoque et à l’ours polaire, ce qui donne en Europe un chien à qui on ne peut pas faire confiance près d’un troupeau ou d’un petit animal. La liberté sans laisse est donc exclue. Les foyers où ça marche ont d’autres chiens, un terrain sûr, un climat frais et quelqu’un qui sort un attelage tout l’hiver. Au Groenland, la question ne se pose presque pas : les chiens y vivent dehors, en attelages de travail, et à l’attache par la loi dès six mois.
Peut-on faire venir un chiot du Groenland même ?
Pas du district des chiens de traîneau. L’ouest du Groenland au nord du cercle polaire et toute la côte est sont fermés : aucun chien d’une autre race ne peut y entrer, et un chien du Groenland qui en sort n’a plus le droit d’y revenir, si bien que chaque exportation est un départ sans retour hors du pool génétique de travail. Sur place, tout chien doit être pucé et inscrit à la base de données nationale depuis 2017. Les éleveurs du Danemark, de Norvège, du Royaume-Uni et de quelques autres pays travaillent à partir de sujets exportés il y a des décennies ; les portées sont rares et espacées, et il faut le plus souvent aller chercher un chiot à l’étranger.
En quoi diffère-t-il du husky sibérien ou du malamute de l’Alaska ?
Il est plus lourd et plus massif que le husky, et plus rustique que le malamute d’exposition, parce que personne ne l’a sélectionné sur l’allure. La clause couleur de la FCI le montre bien : toutes les couleurs, unies ou panachées, les albinos et les sujets merle étant les seules exclusions. La taille est un plancher et non une fourchette — 60 cm et plus pour les mâles, 55 cm et plus pour les femelles — au motif qu’elle peut varier tant que le chien travaille encore. Le husky sibérien est un coureur de fond ; le chien du Groenland est bâti pour haler des charges sur une banquise chaotique, et c’est le seul des trois à faire encore ce métier chez lui.