Australian Stumpy Tail Cattle Dog
Rien n’a été coupé. Ce bout de queue, il naît avec.
Infos essentielles
| Taille | Moyenne · 46–51 cm (mâles), 43–48 cm (femelles) |
| Poids | Environ 16–23 kg — le standard ne fixe pas de poids |
| Espérance de vie | 12 à 15 ans |
| Énergie | Très élevée — sélectionné pour déplacer des bovins toute la journée, sur de longues distances |
| Perte de poils | Modérée, avec de fortes mues saisonnières |
| Pelage | Poil court, double et dense · moucheté bleu ou rouge, jamais de feu |
| Groupe | Berger · Chiens de bouvier (FCI n° 351, groupe 1) |
| Origine | Australie |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard demande un chien toujours en éveil, vigilant et obéissant, quoique méfiant envers les étrangers, avec une aptitude naturelle au travail et au contrôle du bétail. Cette dernière formule en dit plus qu’il n’y paraît. Contrôler du bétail, c’est le mordre : un Stumpy fait avancer les bêtes en arrivant bas sur le talon, et l’instinct arrive avec le chiot, pas avec l’éducation. C’est un chien dur, autonome, habitué à décider sans qu’on le lui demande, parce qu’un chien qui travaille un troupeau à l’autre bout de l’enclos n’a pas le choix. À la maison, il se fixe sur son foyer et n’accorde rien à un inconnu tant qu’il ne l’a pas observé un moment. Sans travail, il s’en donne un, et celui qu’il choisit concerne en général les chevilles, l’aspirateur ou les roues des voitures qui passent devant le portail. C’est un chien de travail avant d’être quoi que ce soit d’autre, et le déménager en lotissement n’y change rien.
Habitudes et particularités
Il pince le talon
Il fait avancer les bêtes en arrivant bas, en pinçant le talon et en se plaquant au sol quand le sabot part en arrière. Le geste ne s’apprend pas : il sort tout seul chez le chiot, sur rien de plus que quelque chose qui bouge vite. Tout foyer qui vit avec un Stumpy finit par lui donner une cible autorisée.
Court de naissance
Les chiots naissent avec la queue qu’ils garderont, du simple moignon aux 10 centimètres que le standard autorise. Il naît encore des chiots à queue longue dans les portées de Stumpy ; au-delà de 10 cm, c’est un défaut grave en exposition, et raccourcir au couteau aggrave les choses, puisqu’une queue coupée est un défaut éliminatoire.
Il fiche le visiteur
La fidélité est ici étroite et profonde. Il s’attache à son foyer, le plus souvent à une seule personne dedans, et traite quiconque se présente au portail comme quelque chose à observer de loin et à classer, pas à accueillir.
À défaut, il gère la maison
Faute de bovins à déplacer, il surveille ce qu’il a sous la main : les enfants qui quittent la pièce, le chat, la voiture qui sort en marche arrière. Un Stumpy dont l’agenda est vide le remplit lui-même.
À noter
| Exercice | Deux heures par jour, c’est le plancher, et la promenade seule n’y suffira pas. Conduite de troupeau, sport canin, longues courses à côté du vélo, recherche olfactive, tout ce qui vient avec une tâche. La fatigue physique s’obtient facilement chez cette race et ne veut pas dire grand-chose ; c’est la tête qu’il faut faire travailler. |
| Formation | Commence le contrôle des impulsions avant l’adolescence et redirige la morsure tôt vers un boudin ou une balle, parce qu’elle sera de toute façon redirigée vers quelque chose. Il apprend vite et garde rancune à la répétition ennuyeuse : séances courtes et récompenses généreuses. Socialise-le sérieusement dès huit semaines : le standard veut de la méfiance envers les étrangers, pas de la peur, et la frontière entre les deux se trace pendant la période du chiot. |
| Toilettage | À peu près le plus simple qu’un pelage de travail puisse être. Un coup de brosse par semaine la majeure partie de l’année, tous les jours pendant les quinze jours où le sous-poil lâche, et jamais de coupe. Le poil de couverture court et rêche se débarrasse seul de la boue : le bain en vaut rarement la peine. |
| Santé | Solide et de bonne longévité dans l’ensemble, avec la surdité congénitale comme seul vrai point à vérifier : demande les certificats BAER des deux parents, pas des paroles rassurantes, et insiste deux fois sur les lignées rouges. Les résultats de dépistage des hanches et un certificat oculaire à jour couvrant l’atrophie rétinienne progressive et la luxation du cristallin ont leur place dans le même dossier. |
Questions fréquentes
Est-ce simplement un Bouvier australien à la queue coupée ?
Non : ce sont deux races distinctes, et l’histoire de la coupe est même à l’envers. L’Australian Stumpy Tail Cattle Dog possède son propre standard FCI, le n° 351, à côté du n° 287 du Bouvier australien, et sa queue courte s’hérite au lieu de se couper : les chiots naissent avec, le standard autorise jusqu’à 10 centimètres de queue naturelle, et une queue coupée est un défaut éliminatoire. Les deux races ont bien un départ commun, des chiens de conduite de type Smithfield croisés avec le Dingo au début du XIXe siècle, puis avec le Collie bleu merle à poil ras. À partir de là, elles divergent. Le standard du Bouvier australien mentionne un apport ultérieur de sang de Dalmatien et de Kelpie noir et feu ; celui du Stumpy ne cite ni l’un ni l’autre, et il exclut les marques feu en toutes circonstances : un Stumpy marqué de feu t’apprend donc quelque chose sur ses parents. La construction diffère aussi. Le Stumpy est carré, la longueur du corps égale à la hauteur au garrot ; le Bouvier australien est plus long que haut, 10 pour 9. Des fourchettes de taille identiques sur le papier, un chien différent à l’intérieur.
Le Stumpy est-il un bon chien de famille ?
Pour la plupart des familles, non. Il est affectueux et fiable avec les personnes qui vivent avec lui, tolérant avec les enfants qu’il a vus grandir, et il apprend vite. C’est aussi un bouvier dur, qui mord et qui travaille à son compte, jamais sélectionné pour la patience envers les visiteurs, les petits animaux ou tout ce qui court. Des enfants en bas âge et un fort instinct de talonnage font un mauvais mélange sans surveillance constante et sans travail précoce. Donne-lui du bétail, un sport, une ferme, des heures par jour et un maître qui a déjà mené une race de travail à fortes pulsions : il est superbe. Donne-lui une cour et une promenade : tu obtiens un chien bruyant, destructeur, avec la manie de rassembler la maisonnée.
À quel point est-il rare, et peut-on en trouver un hors d’Australie ?
Rare en Australie, plus rare encore partout ailleurs. Au début des années 1980, il ne restait quasiment plus de sujets de race pure, et pendant une partie des années 1960 l’élevage inscrit s’est réduit à une seule famille. Le registre de développement de l’ANKC, ouvert en octobre 1988, a reconstruit la race : un jury de trois juges notait les chiens de travail à queue courte retrouvés à travers le pays pour les faire entrer au livre des origines ; à partir d’octobre 2000, seuls les chiens d’excellent type de race ont été admis, et le dispositif a fermé en 2007. La race a pris le nom d’Australian Stumpy Tail Cattle Dog en 2001. L’UKC l’a reconnue en 1996 et l’AKC l’inscrit à son Foundation Stock Service, si bien qu’une petite population nord-américaine existe, mais les effectifs restent bas et la reconnaissance de la FCI est toujours provisoire. Hors d’Australie, attends-toi à une liste d’attente, attends-toi à importer, et attends-toi à ce qu’un éleveur te demande quel travail le chien va faire.