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Cão Fila de São Miguel

Cão Fila de São Miguel

Il déplace les vaches à la gueule, et sait exactement à quelle hauteur mordre.

En bref : São Miguel est la plus grande des Açores, une île volcanique au milieu de l’Atlantique qui vit du bétail laitier depuis deux siècles. Le chien qui est venu avec les vaches est un molossoïde moyen à grand, de 48 à 60 cm, que le standard FCI résume en deux mots : robuste et rustique. Il est légèrement plus long que haut, et le poil est court, dur et toujours bringé. Les traces écrites de la race remontent au début du XIXe siècle, et son histoire est liée à celle du chien de Terceira, l’île voisine, qui n’existe plus. Ce qui le sépare des races de garde ibériques avec lesquelles on le range, c’est le travail. Un chien de protection vit au milieu des animaux et attend le prédateur. Celui-ci était envoyé pour déplacer du bétail, et il le déplaçait avec sa gueule : en fermant la distance, en prenant, en retournant une bête qui refusait d’aller où on lui disait. Le standard décrit cette technique en détail, ce qu’à peu près aucun standard ne prend la peine de faire.

Infos essentielles

TailleMoyenne à grande · 48–60 cm
Poids20–35 kg
Espérance de vie12 à 14 ans
ÉnergieÉlevée — un chien de conduite au travail, pas un patrouilleur
Perte de poilsFaible à modérée — poil court, dense et dur
PelageCourt et dur · toujours bringé, sur fond fauve, fauve clair charbonné ou gris
GroupeMolossoïdes de type dogue (standard FCI n° 340, Groupe 2)
OrigineSão Miguel, Azores, Portugal

Caractéristiques des races

Convivialité

Affectueux avec la famille
Adapté aux enfants
S'entend bien avec les autres chiens
Ouverture aux inconnus

À noter

Niveau de perte de poils
Soins
Santé générale
Baver

À retenir

Facilité d'entraînement
Niveau d'énergie
Aboiements
Résolution de problèmes

Tempérament

Le standard ouvre sur un chien de bouvier par excellence, ajoute qu’il est tout aussi bon gardien des biens et des personnes, puis trace la ligne sur laquelle la plupart des propriétaires finissent par vivre : un caractère très déterminé envers les étrangers, mais docile avec son maître. Il le dit aussi très intelligent et très réceptif, et c’est la moitié qu’on sous-estime. Ce chien apprend la routine d’une ferme en quelques jours, lit son conducteur de près et travaille de bon cœur. Puis il applique exactement la même initiative au livreur devant le portail. Les nerfs ne font pas partie du tableau : l’agressivité comme la timidité excessive figurent parmi les défauts éliminatoires, si bien qu’un Fila de São Miguel correct ne panique pas et ne déclenche rien ; il prend une décision. Vivre avec ça demande un foyer qui pose les règles tôt et s’y tient, des années de socialisation large, et aucune attente d’un chien content de voir des visiteurs. Ceux qui en ont eu décrivent un chien facile à l’intérieur et sérieux à la limite de la propriété.

Recensement BreedQuest : Standard FCI n° 340 : accepté à titre provisoire le 10 mars 1995 et à titre définitif le 21 mai 2007, dans le Groupe 2, section 2.1 (molossoïdes, type dogue), sans épreuve de travail. L’AKC ne reconnaît pas la race et ne l’inscrit pas non plus à son Foundation Stock Service, où figure en revanche l’autre chien natif des Açores, le Barbado da Terceira. Aucun registre publié ne donne de chiffre mondial, et l’élevage se concentre presque entièrement aux Açores et au Portugal continental, avec une petite poche dans les familles açoriennes d’Amérique du Nord.

Habitudes et particularités

Il mord bas, et c’est voulu

Le standard détaille la méthode de travail : pour conduire les troupeaux laitiers, le chien mord bas afin de ne pas blesser les mamelles des vaches, et face à une bête échappée il peut mordre plus haut. Un standard de race qui décrit où un chien pose ses dents, c’est rare. C’est aussi l’énoncé le plus clair de ce à quoi cet animal sert.

Il retourne la bête au lieu de la suivre

Un chien de tête travaille à distance, au regard et au placement. Celui-ci ferme la distance, prend, retourne l’animal et lâche. La construction découle du travail : crâne large et presque carré, mâchoires très puissantes, bouche large, le tout sur un format un peu plus long que haut.

Il roule un peu de l’arrière

Le standard qualifie le mouvement de libre et facile, et note que le chien roule légèrement de l’arrière-main. Sur des pâtures volcaniques pentues et dans des chemins creux entre deux murets, un chien qui se déplace économiquement et pivote sur place vaut mieux qu’un chien rapide.

Il quitte les vaches pour le portail

Le même chien qui passe la matinée à déplacer des laitières passe l’après-midi à décider qui a le droit d’être sur la propriété. La garde des personnes et des bâtiments figure dans le standard à côté du travail au bétail, et dans un foyer sans bétail, c’est la moitié avec laquelle tu vis réellement.

À noter

ExerciceEnviron deux heures par jour de vrai travail ou d’un substitut sérieux : longues marches sur terrain varié, dénivelé, pistage, traction ou trait, obéissance avec un but au bout. Lancer une balle au parc n’y suffit pas. Un Fila de São Miguel qui n’a rien à faire donne son attention à la clôture et à qui passe devant.
ToilettageLe poil est court, lisse, dense et dur, avec de légères franges à la queue, autour de l’anus et derrière les cuisses. Un gant de caoutchouc une fois par semaine suffit, et la perte de poils reste modeste pour la taille. La peau est épaisse et pigmentée, à inspecter après une journée dans les broussailles.
FormationTôt, juste, et d’une constance que la plupart des gens trouvent fatigante. La race est vive et volontaire avec quelqu’un qu’elle accepte, ce qui veut dire que les mauvaises habitudes s’installent aussi vite que les bonnes. Deux choses demandent un travail délibéré dès le chiot : le contrôle de soi et l’inhibition de la morsure chez un chien sélectionné pour utiliser sa gueule sur du bétail, puis des mois d’exposition calme et répétée aux inconnus, aux autres chiens et à la circulation. Un éducateur qui connaît les molossoïdes de travail vaut ce qu’il coûte.
SantéGlobalement solide, avec peu de données publiées, parce que la population est petite et qu’une grande partie échappe à l’enregistrement en livre des origines. Demande aux éleveurs les cotations des hanches et des coudes et un examen oculaire, et lis toi-même le pedigree pour voir à quel point la portée est consanguine. Comme pour tout chien à poitrine profonde de ce gabarit, apprends à reconnaître les signes d’une torsion d’estomac avant d’en avoir besoin.

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Questions fréquentes

Comment travaille-t-il le bétail, concrètement ?

En le prenant. Le standard FCI le dit sans détour : pour conduire les troupeaux laitiers il mord bas, afin de ne pas blesser les mamelles des vaches, et face à une bête échappée il peut mordre plus haut. C’est donc un chien qui saisit et retourne, pas un chien de tête qui travaille à distance au regard et au placement, et ce n’est pas non plus un chien de protection qui vit avec les animaux et écarte les prédateurs. Le travail est court, physique et tranchant. Fermer, saisir, retourner l’animal, lâcher. À São Miguel, cela voulait dire déplacer des vaches laitières entre des pâtures volcaniques et le long de chemins entre murets, et rattraper une bête qui s’était échappée. La conséquence pratique pour qui en possède un : c’est un chien sélectionné pour poser sa gueule sur quelque chose de gros et de mobile, et ça se gère par l’éducation, pas en espérant que ça disparaisse.

Pourquoi le voit-on presque toujours en photo avec les oreilles coupées ?

Parce que c’est la présentation traditionnelle à São Miguel, et que le standard FCI la décrit encore. Le texte actuel dit que les oreilles sont coupées à bout arrondi dans les pays où l’otectomie n’est pas interdite, et décrit l’oreille naturelle comme moyenne, triangulaire et tombante sans toucher la joue. Il ne réclame ni l’une ni l’autre. La queue est traitée de la même façon, écourtée à la deuxième ou troisième vertèbre à la même condition. La coupe des oreilles à visée esthétique est interdite en France, et dans la majorité de l’Europe au titre de la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie ; le Portugal, pays d’origine de la race, l’applique dans son droit national. Un chien élevé aux Açores aujourd’hui est donc un chien à oreilles tombantes. La silhouette à oreilles coupées vient de photos anciennes et de pays où l’interdiction ne s’applique pas.

Est-ce un chien réaliste pour la plupart des foyers ?

Non, et il vaut mieux lire cette réponse avant que les photos ne gagnent la discussion. C’est un chien de travail de 20 à 35 kg doté, selon les mots mêmes du standard, d’un caractère très déterminé envers les étrangers, sélectionné pour décider seul de ce qu’il fait de gros animaux et pour agir en conséquence. Il lui faut un terrain bien clôturé, un travail physique quotidien, un maître qui éduque avec constance plutôt que quand il y pense, et des années de socialisation délibérée pour maintenir la méfiance d’une race de garde dans des limites raisonnables. Ce n’est pas un premier chien, pas un chien d’appartement, et pas un chien à laisser en liberté dans un jardin avec des allées et venues. Entre de bonnes mains, il est posé, affectueux, facile à l’intérieur, et il travaille dur. De bonnes mains, ça veut dire quelqu’un qui a déjà eu une race de garde de travail, ou qui a payé un éducateur qui en a eu.

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