Ciobănesc Românesc de Bucovina
Le plus grand gardien roumain, avec la ronde de nuit écrite dans son standard.
Infos essentielles
| Taille | Très grande · 68–78 cm chez les mâles (idéal 71–75), 64–72 cm chez les femelles (idéal 66–68), ±4 cm |
| Poids | Non fixé par le standard · couramment cité à 50–90 kg chez les mâles, 50–80 kg chez les femelles |
| Espérance de vie | 10–12 ans · chiffre de source de race, pas une donnée de livre des origines |
| Énergie | Modérée — une allure de patrouilleur, essentiellement au trot |
| Perte de poils | Abondante — 6–9 cm de poil de couverture sur un sous-poil très dense |
| Pelage | Long (6–9 cm), plat et rude · blanc ou blanc-beige à taches nettes grises ou noires ; couleurs unies admises mais non encouragées |
| Groupe | Molossoïdes de type montagne (standard FCI n° 357, Groupe 2) |
| Origine | The Bucovina province and the Carpathians of north-eastern Romania |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Pour un gardien de troupeau, le standard s’ouvre avec chaleur : équilibré, calme et fidèle, il aime les enfants. Puis il nomme le métier sans rien adoucir, décrit un chien courageux et véritable combattant face aux animaux de proie possibles, et les énumère : ours, loup et lynx. Les deux moitiés ne se contredisent pas. Voilà un chien qui passe l’essentiel de la journée posé et discret, qui garde les siens près de lui, et qui réserve tout le reste à ce qui remontera le chemin. Le standard décrit aussi ce qu’il fait la nuit, ce que la plupart des standards passent sous silence : il patrouille autour de la maison ou du troupeau. Les inconnus ont droit à un aboiement que le texte qualifie de très puissant et de tonalité grave, et cet aboiement n’est pas un défaut à éduquer, c’est l’outil. Ce que tout cela ne dit pas, c’est le poids de la décision. Un chien de cette taille a été sélectionné pour tenir le terrain seul, dans le noir, sans personne à qui demander, et il garde cette habitude de trancher lui-même dans un jardin aussi sûrement que sur une montagne. Il écoutera quelqu’un en qui il a confiance. Il ne lui rendra pas la question de savoir qui entre.
Habitudes et particularités
Le service de nuit est dans le standard
Un standard de race décrit à quoi ressemble un chien et presque jamais ce qu’il fait une fois la nuit tombée. Celui-ci précise que, pendant la nuit, il patrouille autour de la maison ou du troupeau, et complète par un aboiement qu’il veut très puissant et de tonalité grave à l’approche d’un inconnu ou d’un animal. Ces deux lignes se lisent comme la description du produit, pas comme une option en supplément.
Les robes unies sont tolérées, pas voulues
La clause de couleur est écrite sur deux niveaux. Le Bucovine classique est blanc pur ou blanc-beige, avec des taches nettes grises, noires, ou noires à reflets fauve rouge, un aspect bringé de ces taches étant rejeté sans discussion. Vient ensuite le second niveau : les chiens unis, blancs, blanc-beige, gris cendré ou noirs, sont admis mais non encouragés. La formulation est inhabituelle. Le standard du Tornjak disqualifie un chien de couleur unie et celui du Corb en exige un noir ; le Bucovine se tient donc entre deux voisins qui tranchent, là où lui-même se contente de tolérer à contrecœur.
Trop grand est aussi un défaut
La plupart des standards de grandes races posent un plancher et laissent le plafond se débrouiller. Celui-ci disqualifie aux deux bouts. Un mâle en dessous de 64 cm ou au-dessus de 82 cm est écarté, une femelle en dessous de 60 cm ou au-dessus de 78 cm également, ce qui met un coup d’arrêt net à la course au gardien toujours plus imposant. La liste des défauts le confirme par l’autre côté, en nommant aussi bien le manque de substance que le sujet trop lourd, en surpoids et faible.
On ne coupe rien
La coupe des oreilles est interdite, la caudectomie est interdite, et une queue naturellement absente ou atrophiée est un défaut disqualifiant, pas une broutille. Les oreilles doivent être attachées relativement haut, en V à pointe légèrement arrondie, tombantes et portées près des joues. La queue pend au repos jusqu’au jarret ou plus bas, remonte au niveau du dos ou légèrement au-dessus quand le chien est en éveil, avec une courbure ascendante discrète et jamais enroulée sur le dos.
À noter
| Exercice | Une heure à une heure et demie de marche régulière par jour, de préférence sur du relief plutôt que sur du bitume, et il passera le reste de la journée couché là où il voit les accès. L’allure préférée du standard est le trot, et c’est bien ce qu’il demande : du terrain avalé à un rythme de travail, ni sprints ni balle lancée. C’est la croissance que l’on sous-estime chez un chien qui vise 70 kg et plus. Tiens le jeune à l’écart des escaliers, des sauts et des distances imposées bien après son premier anniversaire, parce que les articulations portent une charpente qui met deux ans à se terminer. |
| Toilettage | Six à neuf centimètres de poil de couverture rude et plat, sur un sous-poil que le standard dit très dense et souple. Brosse une fois par semaine en descendant jusqu’à la peau au lieu d’effleurer la surface ; les nœuds naissent dans la crinière, derrière les oreilles et dans les culottes, et la queue touffue réclame son propre passage. Quand le sous-poil part, deux fois par an, cela devient quotidien. Ne le tonds pas. Un poil de moins de 6 cm est listé comme défaut, ce qui te dit que la longueur travaille au lieu de décorer. |
| Maniement et visites | Toute l’éducation doit être bouclée tant que tu peux encore déplacer le chien physiquement, et chez cette race la fenêtre se referme tôt. La marche en laisse, la position couchée, un ordre de place et un rituel rodé pour le portail doivent être fiables à 30 kg, pas tentés à 75. Le travail à la récompense lui convient, la brusquerie non. Socialise-le largement pendant les deux premières années, puis continue de gérer les présentations tout le reste de sa vie. L’aboiement nocturne est normal ici, il vient avec la race et non malgré elle : règle la question du voisinage avant celle du chiot. |
| Santé | Il n’existe ni programme de dépistage propre à la race ni enquête de santé publiée, donc l’éleveur est tout ce que tu as. Demande les résultats hanches et coudes des deux parents, un contrôle oculaire et un examen du cœur. Sur un chien de cette taille à la poitrine profonde, la torsion d’estomac est un risque réel : fractionne les repas, éloigne l’exercice des repas, apprends à en reconnaître les signes. Le poids lui-même se surveille, puisque le standard n’en fixe aucun et que les chiens lourds sont fréquents dans la race. Toute affirmation assurée sur la longévité ou la solidité est une opinion tant que personne ne sort les papiers. |
Questions fréquentes
En quoi diffère-t-il des autres bergers roumains ?
La couleur répond le plus vite, avec une exception qu’il faut dire. La Roumanie compte quatre races de berger. Le Mioritique (FCI n° 349) et le Carpatin (FCI n° 350) sont tous deux dans le Groupe 1 avec les chiens de berger : le Mioritique est le grand hirsute à base blanche, le Carpatin un chien à poil plus court, fauve chargé de noir, ce qui lui donne un air gris loup, bâti plus léger et plus rapide que les deux races du Groupe 2. Le Bucovine et le Corb (FCI n° 373) sont les deux molossoïdes de montagne, et ils sont réellement proches de construction. Les deux standards donnent une largeur de crâne de 16–18 cm chez les mâles et de 15–17 cm chez les femelles, tous deux décrivent un poil long et rude avec crinière, franges et culottes, et leurs fourchettes de taille se recouvrent presque entièrement. Ce qui les sépare sur le papier, c’est la couleur, et elle pointe dans deux directions opposées. Le standard 373 exige le noir : le Corb est noir intégral ou noir sur plus de 80 % du corps, le blanc se limite au poitrail et aux antérieurs, plus de 30 % de blanc disqualifie, et entre deux chiens équivalents le plus noir l’emporte. Le standard 357 demande l’inverse, un chien blanc pur ou blanc-beige portant des taches nettes grises ou noires. Le recouvrement tient en une ligne de texte. Les Bucovine unis, noir compris, sont admis mais non encouragés : un chien noir uni est donc l’idéal d’un standard et l’exception tolérée de l’autre. En pratique, tu n’en croiseras que rarement, parce que les éleveurs suivent la mise en garde et que presque tous les Bucovine que tu verras sont le chien blanc taché. Et si tu en croisais un noir, ce n’est pas l’œil qui trancherait, c’est le pedigree. L’aire d’origine aide aussi : le Bucovine appartient au nord-est, le Corb aux Carpates méridionales et aux départements qui les bordent.
Un Bucovine convient-il à un foyer sans troupeau ?
Pour la plupart des foyers, non. Retire les moutons et rien ne s’éteint : le chien réaffecte simplement le poste à ta famille, ton portail et ta limite de propriété, ce qui fait d’une entrée partagée, d’un jardin donnant sur un chemin public ou d’un flux régulier de visiteurs inconnus à peu près le pire cadre disponible. Dans bien des endroits, l’aboiement suffit à trancher la question à lui seul, puisque le standard réclame une voix très puissante et de tonalité grave et que la race a été sélectionnée exactement pour cela, nuit après nuit. La taille aggrave tout le reste : un adulte qui peut dépasser 70 kg ne se gère pas en étant plus fort que lui, seulement en ayant été éduqué tôt. De l’autre côté du bilan, le standard décrit un chien équilibré, calme et attaché aux enfants, et les maîtres disent la même chose de l’intérieur, où un Bucovine adulte est silencieux et ne demande presque rien. Cela peut fonctionner avec une clôture solide, du terrain à lui, des voisins hors de portée d’oreille, un maître prêt à gérer les arrivées pendant dix ans et du temps réservé chaque semaine au poil. Qui voulait un grand chien de famille facile qui accueille les invités devrait d’abord regarder ailleurs.
Est-ce une race pleinement reconnue par la FCI ?
Oui, et cela le distingue de plusieurs de ses voisins. La FCI a accepté le Ciobănesc Românesc de Bucovina à titre provisoire le 26 mars 2009 et l’a reconnu définitivement le 29 avril 2019, ce qui autorise la race à concourir pour le CACIB, le certificat international de beauté qui reste fermé aux races acceptées à titre provisoire. Le Corb, lui, n’est provisoire que depuis septembre 2024. Le texte du standard en vigueur, le numéro 357, a été publié le 20 août 2023 et classe la race en Groupe 2, section 2.2, molossoïdes de type montagne, sans épreuve de travail. L’association canine roumaine, elle, avait pris de l’avance sur la FCI : un premier standard écrit en 1982, révisé en 2001 et 2002. Hors du système FCI, le tableau est plus maigre. Ce n’est pas une race de l’American Kennel Club et elle n’a pas non plus été admise au Foundation Stock Service de l’AKC, qui liste pourtant le Mioritique et le Carpatin. Les chiffres de population, les poids et les longévités qu’on cite pour la race viennent de sources de race et non de relevés d’inscriptions publiés : traite-les comme des estimations.