King Charles Spaniel
Le vieil épagneul de cour, celui dont on s’est éloigné pour recréer le Cavalier.
Infos essentielles
| Taille | Petite · 25–27 cm |
| Poids | 3,6–6,3 kg |
| Espérance de vie | 10–12 ans |
| Énergie | Faible — 30 min/jour au maximum |
| Perte de poils | Modéré, toute l'année |
| Pelage | Long, soyeux et droit · blenheim, tricolore, noir et feu, ruby |
| Groupe | Chiens d’agrément et de compagnie (standard FCI n° 128, Groupe 9) · AKC |
| Origine | Great Britain |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard FCI donne trois mots pour le caractère : réservé, doux et affectueux. C’est la réserve qu’on ne voit pas venir quand on arrive en s’attendant à un Cavalier. Un King Charles accueille chaleureusement les siens puis laisse le visiteur tranquille, poli plutôt que ravi, et il traverse rarement la pièce pour se présenter. Il est silencieux pour un chien de ce format, lent à aboyer sur les bruits du dehors, et content de passer la journée à portée d’une seule personne. L’épagneul est toujours là, dans le nez et dans l’envie de travailler pour de la nourriture. Ce qu’il n’a pas, c’est la chaleur indifférenciée du Cavalier, et ceux qui élèvent la race y voient plutôt une qualité.
Habitudes et particularités
Il se réchauffe à son rythme
Il laissera passer la première heure d’un visiteur, tranchera dans son coin, puis grimpera. Précipiter les présentations fait reculer l’affaire d’une visite entière.
Il choisit des genoux et les garde
Une fois la personne de la soirée désignée, il ne bouge plus. Entre un jouet et somnoler contre une jambe, la jambe gagne.
Il s’entend quand il dort
Le museau court va avec des reniflements et un vrai ronflement. Une respiration régulière et familière est normale chez la race ; un bruit nouveau, ou qui s’aggrave à la chaleur ou après une promenade, c’est un rendez-vous chez le vétérinaire.
La tache
Un blenheim doit porter au milieu du crâne une tache châtain bien nette, grande comme une pièce d’un euro, et le standard la demande toujours. C’est l’un des rares points d’expo que tu peux vérifier depuis le canapé.
À noter
| Dépistage médical | Demande les résultats cardiaques des parents établis par un cardiologue, le dépistage IRM de la malformation de type Chiari et de la syringomyélie, une certification oculaire à jour et la cotation des rotules. Un éleveur qui n’a rien de tout cela est un éleveur qu’on quitte. |
| Chaleur et respiration | Une face courte rend la chaleur et l’effort intense plus risqués que chez un chien nain au nez long. Promenades tôt ou tard tout l’été, harnais plutôt que collier, et préviens tout vétérinaire qui prévoit une anesthésie qu’il s’agit d’une race brachycéphale. |
| Toilettage | Brosse le poil soyeux et les longues franges d’oreilles deux à trois fois par semaine. Essuie et sèche la face et le pourtour des yeux après les repas et les promenades humides, et regarde à l’intérieur des oreilles, qui sont lourdes. |
| Exercice et présence | Une demi-heure de marche plus un peu de jeu font une journée, et c’est pourquoi la race vit très bien en appartement. Elle a été faite pour tenir compagnie et supporte mal une maison vide du matin au soir. |
Questions fréquentes
Quelle différence avec le Cavalier King Charles ?
Deux races, deux standards. Le King Charles (FCI 128) est venu le premier : 3,6–6,3 kg, crâne bombé, museau court et retroussé, stop bien marqué. Le Cavalier (FCI 136) est une recréation, dans les années 1920, de l’épagneul plus ancien et plus long de museau des tableaux du XVIIe siècle, et c’est le plus grand des deux, autour de 5,4–8 kg, avec un crâne plus plat et un vrai museau. Les deux se déclinent dans les quatre mêmes robes — blenheim, tricolore, noir et feu, ruby — ce qui explique que les photos égarent tout le monde. C’est la tête qui tranche. Un détail de plus si tu cherches du côté américain : l’AKC enregistre cette race sous le nom d’English Toy Spaniel.
Côté santé, honnêtement ?
C’est contrasté, et il vaut mieux le savoir avant de s’engager. La maladie valvulaire mitrale traverse les épagneuls nains : une enquête cardiaque de l’OFA portant sur 189 King Charles Spaniels a trouvé 2,1 % de chiens atteints, septième plus mauvais résultat sur 105 races, et ce chiffre sous-estime le risque sur une vie entière, puisque la maladie apparaît avec l’âge. La malformation de type Chiari et la syringomyélie, le duo neurologique qui a fait la réputation du Cavalier, sont également rapportées ici, à des taux plus bas et sans les grandes séries d’IRM dont dispose le Cavalier. La face courte apporte avec elle la facture brachycéphale : voies respiratoires plus étroites, mauvaise tolérance à la chaleur, risque anesthésique plus élevé. Les ennuis oculaires — distichiasis, dystrophie cornéenne, entropion — reviennent plus souvent que chez un chien nain moyen, et les rotules qui se déboîtent aussi. Beaucoup de King Charles Spaniels vivent leurs dix à douze ans sans rien de tout cela, mais ici, les papiers de l’éleveur comptent plus que la frimousse du chiot.
Pourquoi est-il si difficile à trouver ?
Les effectifs. Le Royal Kennel Club a enregistré 36 chiots en 2023 et 56 en 2025 : les portées britanniques sont en général réservées avant la naissance et l’attente se compte en mois. En France, la race est quasi absente des élevages ; il faut compter sur un import, puis sur la transcription du pedigree au LOF par la SCC. Et si tu cherches du côté américain, cherche sous le bon nom : l’AKC enregistre la race comme English Toy Spaniel depuis 1886, et taper « King Charles Spaniel » sur un site de petites annonces te renverra des Cavaliers. Commence par les clubs de race nationaux.