BreedQuestLes racesDe bergerSaarloos Wolfdog
Partager
Saarloos Wolfdog

Saarloos Wolfdog

Un loup croisé avec un Berger allemand, et le chien de travail n’a jamais vu le jour.

En bref : Le Chien-loup de Saarloos est une grande race néerlandaise bâtie sur une silhouette de loup : 65–75 cm au garrot chez les mâles, 60–70 cm chez les femelles, haut sur pattes, léger au trot, le poil gris loup, brun forêt ou blanc. Leendert Saarloos l’a lancée en 1935 en accouplant un mâle Berger allemand à une louve d’Europe qu’il avait achetée louveteau au zoo de Rotterdam. Il trouvait que le Berger allemand s’était ramolli et voulait lui rendre sa dureté naturelle. Ce qu’il a obtenu, c’est un chien qui hésite : les produits ont été recroisés avec des Bergers allemands, une poignée a réussi les tests de chien-guide au début des années 1940, et le programme a été abandonné malgré tout, parce que les chiens restaient trop méfiants pour qu’on puisse compter sur eux dans la circulation, dans la foule ou au travail de police. Le club canin néerlandais a reconnu la race en 1975, six ans après la mort de Saarloos, et lui a donné son nom. La FCI l’a acceptée à titre définitif le 18 novembre 1981.

Infos essentielles

TailleGrande · 65–75 cm (mâles), 60–70 cm (femelles)
Poids30 à 45 kg
Espérance de vie10–12 ans
ÉnergieÉlevée — de longues sorties tous les jours, et de l’espace où bouger
Perte de poilsImportante — double poil dense, deux mues par an
PelagePoil dur avec sous-poil, plus épais en hiver · gris loup, brun forêt ou blanc
GroupeBerger · Chiens de berger, sans épreuve de travail (FCI n° 311, groupe 1)
OriginePays-Bas

Caractéristiques des races

Convivialité

Affectueux avec la famille
Adapté aux enfants
S'entend bien avec les autres chiens
Ouverture aux inconnus

À noter

Niveau de perte de poils
Soins
Santé générale
Baver

À retenir

Facilité d'entraînement
Niveau d'énergie
Aboiements
Résolution de problèmes

Tempérament

Le standard FCI dit ce qu’est ce chien avec une franchise inhabituelle. Il demande un chien dévoué à son maître, réservé avec les inconnus et qui ne cherche pas le contact, et il désigne « sa réserve et son envie de fuite, typique du loup, dans les situations inconnues » comme des qualités à conserver plutôt qu’à faire disparaître par la sélection. Il va plus loin et met les inconnus en garde : une approche forcée peut déclencher une envie de partir irrépressible, et un chien tenu en laisse, qui ne peut pas partir, paraîtra nerveux à la place. L’animal tient tout entier dans ce paragraphe. Aucun instinct de garde ici, et très peu d’agressivité : face à la pression, sa réponse est la distance. Avec les siens, un Saarloos est affectueux, très attaché et profondément lié à sa meute, et c’est l’autre moitié du problème : il supporte mal la solitude, et des heures seul se paient en hurlements, en trous creusés et en tentatives de fugue. Il lui faut de la place, du mouvement et de la compagnie en même temps, presque tous les jours, pendant dix ans. Très peu de foyers peuvent fournir les trois, et la plupart des gens attirés par son allure de loup feraient mieux d’acheter autre chose.

Recensement BreedQuest : Reconnu par le club canin néerlandais (Raad van Beheer) en 1975 et accepté par la FCI à titre définitif le 18 novembre 1981 sous le standard n° 311, groupe 1, section 1, sans épreuve de travail. Les études génomiques situent la part de loup qui reste dans la race actuelle entre un cinquième et un tiers environ.

Habitudes et particularités

Il s’en va, il n’affronte pas

Une personne inconnue, un couvercle de poubelle qui tombe, la salle d’attente du vétérinaire : son premier mouvement est un recul. Les maîtres apprennent à le laisser prendre son temps et à empêcher les inconnus de tendre la main vers lui.

Il hurle plus qu’il n’aboie

L’aboiement d’alerte que la plupart des maîtres attendent n’existe presque pas. À la place vient un long hurlement, le plus souvent le soir, et le plus souvent repris par tous les autres Saarloos à portée d’oreille.

Il lit la maison comme une meute

Il sait où est chacun, suit de pièce en pièce, et ne se pose qu’une fois tout le monde compté. L’absence prolongée de l’un d’eux le met mal à l’aise.

Il travaille la clôture

Donne-lui une limite et il en testera le bas. Les clubs de race recommandent une clôture d’au moins 1,80 m, enterrée pour empêcher de creuser, et ça coûte moins cher que la troisième fois où on retrouve le chien à deux villages de là.

À noter

ExerciceDes heures dehors, la plupart du temps au pas ou au trot, sur du terrain qu’il peut parcourir en tous sens. Ce n’est pas un chien de sport explosif, et ce n’est pas non plus un chien de jardin ; ce qu’il veut, c’est de la distance, du terrain varié et du temps. La liberté sans laisse demande un endroit vraiment sûr, parce que le rappel entre en concurrence avec une forte envie de s’éloigner de tout ce qui l’inquiète.
ToilettageUn brossage par semaine toute l’année, et tous les jours pendant les deux mues, quand le sous-poil part par plaques entières. Le poil de couverture, dur, ne se taille pas et se débarrasse tout seul de la boue ; le bain est rarement utile et, répété, il appauvrit le poil.
FormationSocialise-le à fond avant douze semaines — c’est le standard lui-même qui le dit — et continue toute sa vie. La force, la correction et la répétition se retournent contre toi ; ce chien se ferme ou se retire au lieu de s’opposer. Construis les comportements avec des friandises et de la patience, attends-toi à des progrès lents, et considère un rappel fiable comme un chantier de longue haleine, pas comme le résultat d’une école du chiot.
SantéDeux tests ADN décident si une portée mérite qu’on s’y intéresse. Le nanisme hypophysaire tient à une mutation du gène LHX3, portée par 31 % des 239 Chiens-loups de Saarloos cliniquement sains de l’étude de Voorbij à Utrecht, et la myélopathie dégénérative circule elle aussi dans la race. Demande les deux résultats sur les deux parents, plus le dépistage de la dysplasie de la hanche et un examen oculaire.

Combien nourrir un Saarloos Wolfdog ? →

Questions fréquentes

En quoi est-il différent du Chien-loup tchécoslovaque ?

Autre expérience, autre pays, autre chien. Le Saarloos est né du projet privé d’un éleveur néerlandais en 1935, qui visait un Berger allemand plus résistant et a fini en race de compagnie. Le Chien-loup tchécoslovaque (FCI n° 332) était un programme militaire lancé en 1955 sous la direction de Karel Hartl, croisant des Bergers allemands de lignée de travail avec des loups des Carpates pour obtenir un chien de patrouille frontalière, et il a gardé une bien plus forte envie de travailler : les Chiens-loups tchécoslovaques concourent en pistage et en sports de protection, où les Saarloos sont rares. Côte à côte, le Saarloos est plus charpenté et plus effacé, le tchécoslovaque plus petit, plus dur et bien plus enclin à s’attaquer à un problème plutôt qu’à le quitter.

Est-il légal de posséder un Chien-loup de Saarloos ?

Ça dépend d’où tu vis, et les règles portent en général sur la part de loup plutôt que sur des noms de races. Dans la majeure partie de l’Europe, c’est un chien de race ordinaire : les Pays-Bas, son pays d’origine, l’enregistrent comme n’importe quelle autre race. En Grande-Bretagne, les hybrides loup-chien relèvent du Dangerous Wild Animals Act 1976, mais les recommandations en matière de licence visent les animaux proches du loup, si bien que les chiens éloignés de plusieurs générations sont traités comme des chiens. C’est aux États-Unis que ça se complique : les règles sur les chiens-loups s’y fixent État par État, et souvent comté par comté, la reconnaissance FCI n’y compte pour rien, certains États interdisent purement et simplement les chiens-loups et d’autres exigent un permis. Les bailleurs et les assureurs ajoutent leurs propres règles. Renseigne-toi sur ta propre juridiction avant d’acheter un chiot, et fais-toi répondre par écrit.

Le Chien-loup de Saarloos peut-il être un chien de famille ?

Pour presque tout le monde, non. Il est doux avec les siens et nul comme chien de garde, donc le danger n’est pas le sujet : le problème, c’est tout le reste. Il lui faut des hectares, des heures de compagnie et aucune surprise ; il n’ira pas saluer tes visiteurs de façon fiable, il peut paniquer dans une rue passante, et il garde des mois durant rancune à une méthode d’éducation qui lui a déplu. C’est un mauvais premier chien, un mauvais chien d’appartement, et un mauvais choix pour une maison où de jeunes enfants et leurs copains entrent et sortent. Les foyers où ça marche sont plutôt ruraux, calmes, déjà habitués aux races primitives, et organisés autour du chien plutôt que l’inverse.

Races apparentées

Labrador RetrieverSiberian HuskyPembroke Welsh CorgiGolden RetrieverToutes les races →