Wetterhoun
Le chien à loutre de la Frise : boucles grasses, queue en spirale, et son idée à lui.
Infos essentielles
| Taille | Moyenne à grande · 55–59 cm |
| Poids | 28–34 kg |
| Espérance de vie | 12–13 ans — les sources néerlandaises donnent plutôt 10–11 en moyenne |
| Énergie | Modérée à élevée — un chien d’eau de travail qui décroche à la maison |
| Perte de poils | Modérée — deux mues par an et peu de chose entre les deux |
| Pelage | Boucles denses et grasses · noir uni ou brun uni avec du blanc au poitrail et aux doigts ; plaques, moucheture et rouan admis |
| Groupe | Chiens d’eau (standard FCI n° 221, Groupe 8) |
| Origine | Friesland, Pays-Bas |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard FCI ouvre le chapitre du caractère par les mots obstiné de nature, et ce ne sont pas des mots en l’air. À la maison, le Wetterhoun est affectueux avec les siens et facile à vivre, le plus souvent allongé dans un coin, une oreille en l’air. Les inconnus restent tenus à distance le temps qu’il se fasse une opinion, et le standard prend soin de poser la limite : réservé d’abord, jamais craintif. La garde de la cour figure dans le standard à côté de la chasse, donc il note qui se présente au portail, même si les sources néerlandaises le décrivent comme vigilant plutôt que bruyant. Les nuisibles de la maison et des alentours l’intéressent aussi. Il comprend ce que tu lui demandes, puis décide si c’est le moment, ce que les amateurs d’obéissance immédiate trouvent exaspérant. Laisse passer le long regard et tu obtiens un chien calme, posé, qui ne fait rien au hasard.
Habitudes et particularités
Le poil fait le travail
Des boucles denses en mèches fermes, rêches et grasses au toucher : le Wetterhoun sort d’un canal et secoue l’essentiel de l’eau. Retire ce gras au shampooing et l’imperméabilité part avec, d’où des éleveurs qui baignent le moins possible.
La queue s’enroule
Longue et roulée en spirale, portée au-dessus de la croupe ou le long. La fiche de race du Raad van Beheer l’appelle son sieraad, son bijou, et elle reste enroulée que le chien soit content ou non.
Droit dans l’eau
La loutre et le putois se chassaient dans les fossés froids et les roselières, et la race n’a jamais perdu l’habitude. Toute promenade qui longe un plan d’eau est une baignade, de son point de vue.
Il garde la cour
Surveiller la propriété et y détruire les nuisibles faisaient partie du métier, ce n’en était pas un effet secondaire. Le Wetterhoun repère un visiteur, le signale une fois, puis regarde comment tu gères.
À noter
| Exercice | Une heure ou plus de vrai travail par jour : nage, longe, rapports, jeux de flair. Ce n’est pas un chien agité et il se pose très bien à l’intérieur, mais un Wetterhoun qui s’ennuie se choisit un chantier au jardin. |
| Toilettage | Peu exigeant. Peigne les boucles pendant les deux mues saisonnières et surveille les oreilles, plaquées contre la tête, qui gardent l’humidité après chaque baignade. Baigne-le rarement : le gras qui imperméabilise le poil met des semaines à revenir. |
| Formation | Courte, cohérente, et qui vaille le coup de son point de vue. Il apprend vite, puis négocie : fixe les règles avant que le chiot ne s’en charge. La récompense te mène quelque part ; la main lourde te donne un chien qui plante ses pattes dans le sol. Socialise tôt et large pour que la réserve naturelle reste de la réserve. |
| Santé | N’achète que chez des éleveurs qui testent. La race porte une mutation non-sens du gène RAG1, responsable d’un déficit immunitaire combiné sévère qui tue les chiots atteints avant quatre mois ; il a été décrit chez le chien d’eau frison en 2011, un test ADN existe et les règles d’élevage néerlandaises l’imposent, en plus du dépistage des hanches. Une analyse de 2010 mesurait un taux de consanguinité de 32 % ou plus toutes générations confondues, raison pour laquelle le club néerlandais mène un programme d’ouverture du pool génétique avec le Laïka de Sibérie occidentale. |
Questions fréquentes
Le Wetterhoun, c’est un Labrador bouclé ?
Non, et c’est de cette attente que vient l’essentiel des déceptions. Ils partagent le Groupe 8 et l’amour de l’eau, et la ressemblance s’arrête là. Les premiers mots du standard FCI sur le caractère du Wetterhoun sont obstiné de nature, et l’autre métier historique de la race, c’était la garde de la cour. Il est réellement affectueux avec les siens et silencieux dans la maison, mais il tient les inconnus à distance, il pèse une demande avant d’y répondre et il n’a aucun intérêt à faire plaisir pour faire plaisir. Beaucoup de gens trouvent ça très reposant à vivre. Il convient à un maître qui négocie plutôt qu’il ne commande, et que ça n’ennuie pas d’avoir un chien poli avec les visiteurs plutôt que fou de joie. Si tu veux l’enthousiasme d’un retriever, prends un retriever.
Que veulent dire Wetterhoun et Otterhoun ?
Wetterhoun, c’est chien d’eau en frison. Otterhoun, l’ancien nom néerlandais, c’est le métier : chasser la loutre et le putois dans les fossés et les lacs de Frise, au contact, contre un animal qui se défend dans l’eau froide. Le Raad van Beheer cite aussi la prise des taupes, la traction de charrette et la garde de la ferme parmi ses anciens usages. Ça se prononce à peu près « VÈ-teur-houn ».
Un Wetterhoun est-il difficile à trouver ?
Difficile. Le chiffre du standard FCI lui-même donne environ mille chiens dans le monde, en majorité aux Pays-Bas, et les sources de la race parlent de l’ordre de cent chiots par an sur l’ensemble. Le club néerlandais, la NVSW, tient la liste des chiots et fait appliquer les tests de santé : en obtenir un, c’est attendre plutôt que chercher. Hors des Pays-Bas, la race est très diluée, au point que la première portée née au Royaume-Uni, en 2023, a eu droit à un sujet sur la BBC. Depuis la France, il faut compter sur un import néerlandais et sur la transcription du pedigree au LOF.