Canadian Eskimo Dog
Le chien de traîneau inuit de l’Arctique canadien — et, si l’on en croit la génétique, le même chien que le Chien du Groenland.
Infos essentielles
| Taille | Grande · 58–70 cm (mâles), 50–60 cm (femelles) |
| Poids | 30–40 kg (mâles), 18–30 kg (femelles) |
| Espérance de vie | 10–15 ans — littérature de race, pas données d’étude |
| Énergie | Très élevée — fait pour tirer 45–80 kg par chien, toute la journée |
| Perte de poils | Une seule grosse mue annuelle, en août ou septembre le plus souvent |
| Pelage | Sous-poil dense sous un poil de couverture dur de 7–15 cm · huit patrons de robe, aucun dominant |
| Groupe | Chiens de travail · Chiens nordiques de traîneau (FCI n° 211, groupe 5) |
| Origine | Arctic Canada |
Caractéristiques des races
Convivialité
À noter
À retenir
Tempérament
Le standard ouvre sa section caractère par une mise en garde : ce chien ne doit pas être vu comme un animal de compagnie, mais comme un chien primitif domestiqué par les Inuits pour des tâches précises dans un environnement arctique rude. La suite est plus chaleureuse que ça n’en a l’air. Le Canadian Eskimo Dog adulte y est décrit comme doux et affectueux avec les gens en général, content qu’on s’occupe de lui, et rarement distant avec les parfaits inconnus — une gentillesse tranquille et une curiosité sans malice, ou une indifférence complète. La réserve porte sur l’intensité, pas sur l’humeur. Comparé aux races domestiques modernes, le standard note une réponse presque excessive à tout stimulus, qu’il s’agisse de nourriture, de travail, de défense ou de jeu, et il en tire lui-même la conclusion : un compagnon pour adultes, pas un animal pour enfant. C’est aussi un animal de meute au sens propre. Élevé en groupe, il règle les rôles de dominant et de subordonné sous un chien de tête, et les oreilles déchirées et les cicatrices de bagarre sont assez courantes dans les chenils d’élevage en groupe pour que le standard exempte les oreilles déchirées au combat de la disqualification prévue pour les oreilles tombantes. L’agressivité envers l’homme et la timidité excessive disqualifient l’une comme l’autre.
Habitudes et particularités
Aucune robe n’est la robe de la race
Le standard ouvre sa section couleur en disant qu’aucune robe ni aucun patron ne doit dominer, puis en énumère huit : blanc pur avec pigmentation autour des yeux, du nez et des lèvres ; blanc avec une trace de couleur aux oreilles ou aux yeux ; blanc à tête colorée avec une tache isolée à la hanche ou au flanc ; moitiés égales de rouge, fauve, cannelle ou noir avec du blanc ; corps coloré avec du blanc dessous ; sable, noir ou gris foncé avec du blanc ; gris argenté ou blanc grisâtre ; et un sous-poil fauve à brun sous des poils de couverture noirs.
Les yeux bleus mettent fin au concours
L’œil foncé est la règle, le noisette et le jaune se voient aussi, et le bleu disqualifie — l’une des lignes les plus nettes entre cette race et le Husky sibérien. Les yeux sont petits, écartés et placés en oblique, ce qui, le standard le concède lui-même, donne au chien un air plus sauvage qu’il ne le mérite.
Une seule mue, pliée en quelques jours
Le poil mue une fois par an, en août ou septembre le plus souvent, et le sous-poil dense s’en va par paquets en quelques jours plutôt que de s’égrener pendant des semaines. Les femelles portent moins de poil dans l’ensemble parce qu’elles muent de nouveau après une portée. Les mâles se donnent une crinière sur le cou et les épaules qui les fait paraître plus hauts au garrot qu’ils ne le sont.
Fait pour la charge, pas pour le sprint
L’allure de travail est un trot puissant et soutenu, l’appui large, la foulée un peu tournée vers l’extérieur — ce qui peut sembler disgracieux tant qu’on n’a pas vu à quoi ça sert : tirer lourd, jour après jour. Le standard note que les femelles se déplacent plus vite et plus librement que les mâles, plus lourds, et peuvent galoper bien plus longtemps.
À noter
| Exercice | Il faut qu’il tire, et le standard donne l’échelle : 45 à 80 kg par chien, 15 à 70 miles dans la journée, avec un bât de 15 kg l’été. Un kart, un traîneau, un vélo ou un harnais chargé, pendant des heures, presque tous les jours. Le plafond, c’est la chaleur plus que la distance : l’été, on travaille aux aurores ou pas du tout, et un climat chaud est un mauvais choix pour la race. |
| Toilettage | Onze mois sans histoire, puis une semaine intense, quand le sous-poil se détache par paquets et demande un coup de râteau quotidien. Ne prends jamais les ciseaux ni la tondeuse : modifier le poil de cette façon est un défaut disqualifiant, et ce pelage isole de la chaleur autant que du froid. Regarde entre les doigts : les coussinets sont bien fournis en poil, et par grand hiver ce poil pousse au point d’en couvrir le dessous. |
| Formation | Au renforcement positif, tôt, et sans illusions sur le plafond. C’est une race primitive, tournée vers la meute, avec — c’est la formule du standard — une réponse presque excessive à tout stimulus, et son passé de chasseur n’a rien de décoratif : ces chiens repéraient les trous de respiration des phoques et tenaient en respect le bœuf musqué et l’ours polaire. Le rappel près du bétail et des petits animaux n’est pas un objectif réaliste, alors enterre la clôture autant que tu la montes haut, et considère la liberté sans laisse comme hors de question. |
| Santé | Aucune enquête de santé à l’échelle de la race, et une population inscrite minuscule : la profondeur du pedigree est la première question à poser à un éleveur. Demande un dépistage des hanches et un contrôle oculaire. Au quotidien, les risques sont le coup de chaleur, la prise de poids chez un chien sous-employé et les dégâts que fait un chien qui s’ennuie ; la littérature de race signale aussi la torsion de l’estomac, l’entropion et la cataracte, et donne 10 à 15 ans d’espérance de vie. |
Questions fréquentes
Le Canadian Eskimo Dog et le Chien du Groenland, c’est le même chien ?
Génétiquement, oui ; sur le papier, non. Brown et ses collègues (Heredity, 2015) ont testé des marqueurs autosomiques, paternels et maternels sur les races arctiques et conclu que les chiens inuits du Canada et le Chien du Groenland ne devraient pas être distingués en deux races — tous deux descendent des chiens de Thulé, tous deux ont gardé leur ascendance indigène à travers la colonisation, et tous deux se tiennent nettement à l’écart du Husky sibérien, du Malamute de l’Alaska et du husky d’Alaska. Les registres n’ont pas suivi. La FCI les tient dans deux standards, le n° 211 avec le Canada comme pays d’origine et le n° 274 sous patronage danois, et ils sont jugés séparément. Les deux standards ne demandent d’ailleurs pas la même chose : le 211 fixe les tailles à 58–70 cm pour les mâles et 50–60 pour les femelles, énumère huit patrons de robe et disqualifie les yeux bleus, quand le 274 ne pose qu’une taille minimale et admet toutes les robes sauf l’albinos. En pratique, la population canadienne est bien plus réduite, et son histoire récente est canadienne plutôt que groenlandaise.
Peut-il vivre en chien de famille ?
Le standard répond lui-même, et la réponse est étroite. Il appelle la race un compagnon pour adultes et précise qu’elle ne doit pas être considérée comme un animal pour enfant, au motif de cette réponse presque totale à tout stimulus — nourriture, travail, défense ou jeu. Rien là-dedans ne décrit un chien méchant : l’agressivité et la timidité marquée sont l’une et l’autre des défauts disqualifiants, et la race est amicale avec les inconnus au point d’en faire un piètre gardien. Mais il lui faut tirer des heures par temps frais, il vit mieux entouré d’autres chiens, son instinct de chasse interdit la promenade sans laisse près du bétail, et il n’a jamais été sélectionné pour être docile entre quatre murs. Les foyers avec du travail attelé, un terrain bien clos et un vrai hiver le rendent possible. La plupart des foyers ne sont pas ceux-là.
Pourquoi la race est-elle si rare ?
Environ 20 000 chiens travaillaient dans l’Arctique canadien il y a un siècle. Les motoneiges ont remplacé les attelages à partir de la fin des années 1950, et sur la même période des centaines, probablement des milliers de chiens ont été abattus par des agents de la GRC et d’autres autorités des villages de l’est de l’Arctique ; la Commission de vérité du Qikiqtani, dans son rapport de 2010, n’a trouvé aucun plan fédéral coordonné visant à mettre fin à l’usage inuit du chien de traîneau, mais a constaté que les règlements de contrôle des animaux qu’on appliquait n’étaient souvent jamais expliqués aux propriétaires inuits dont on abattait les chiens. Au début des années 1970, il en restait quelques centaines. L’Eskimo Dog Research Foundation, financée par les gouvernements du Canada et des Territoires du Nord-Ouest, a passé six ans à racheter des survivants aux familles inuites des péninsules de Boothia et de Melville et de certaines parties de l’île de Baffin, et chaque chien de la race vivante du standard remonte à ce cheptel. Moins de 300 sont inscrits aujourd’hui au Canadian Kennel Club. Le Nunavut a fait du qimmiq son animal officiel le 1er mai 2000.