Les signes de stress du chat que les maîtres ne voient pas
Le chat cache son stress volontairement. En tant qu'animal qui chasse mais qui est aussi chassé, un chat qui paraît faible s'attire des ennuis : il masque donc sa peur et sa douleur jusqu'à ce que les signes deviennent presque imperceptibles. C'est précisément cet instinct qui fait que les maîtres passent à côté des premiers signaux d'alerte. Apprenez à lire les petits changements et vous pourrez intervenir avant qu'un chat stressé ne devienne un chat malade.
Pourquoi le chat cache son stress
Le chat cache son stress parce qu'il est à la fois prédateur et proie, et dans ce double rôle, toute faiblesse visible est dangereuse. Un chat qui boite ou qui est anxieux devient une cible pour un prédateur plus grand et une proie facile pour un rival qui convoite le même territoire ; la sélection naturelle a donc favorisé les chats capables de faire comme si de rien n'était. Votre chat d'intérieur a hérité de cette programmation et masque son inconfort par défaut. C'est la raison pour laquelle le stress est si facile à ignorer : au moment où les signes deviennent évidents pour vous, le chat compose déjà en silence depuis un bon moment, en général. Cela explique aussi pourquoi attendre un symptôme spectaculaire et indiscutable est la mauvaise stratégie. La vraie compétence, c'est de repérer les petits écarts par rapport à la normale de votre propre chat.
Les signes discrets que les maîtres ratent

Les signes sont discrets, et la plupart ressemblent à un comportement félin ordinaire jusqu'à ce que vous remarquiez le changement. Surveillez le toilettage excessif jusqu'à ce que le ventre ou l'intérieur des pattes deviennent pelés et rêches, ou l'inverse : un pelage qui devient gras et négligé parce que le chat a complètement cessé de faire sa toilette. Les autres changements s'accumulent dans le comportement : se cacher bien plus que d'habitude, faire ses besoins hors de la litière, manger moins ou manger sous l'effet du stress, dormir encore plus que le quota déjà généreux d'un chat, se retirer du jeu et du contact, et soit une agressivité soudaine, soit, à l'inverse, un besoin de contact inhabituel.
Ajoutez à cela des miaulements excessifs, de nouvelles griffades et un marquage urinaire, ainsi que le pica : mâchouiller d'étranges matières non comestibles comme la laine, le plastique ou le carton. Les races bavardes comme le Siamois parlent beaucoup de base ; avec elles, vous guettez donc un changement de schéma, pas seulement de volume. Un symptôme isolé ne veut pas dire grand-chose. Un ensemble de symptômes, ou une rupture nette avec les habitudes de votre chat, voilà le vrai message.
Le langage corporel qui le trahit

Le corps d'un chat stressé envoie des signaux avant ses habitudes. Lisez d'abord les oreilles : rabattues sur les côtés en "oreilles d'avion" ou pivotant pour suivre les menaces qu'il entend. Puis les yeux, où des pupilles dilatées en pleine lumière trahissent la peur ou une forte excitation. La posture se crispe en un tapi bas, le poids ramassé sous le corps et les muscles prêts à détaler, et la queue s'enroule serrée ou se plaque contre le corps au lieu de rester souple et dressée. Vous pouvez aussi voir la peau du dos tressaillir ou onduler, la queue s'agiter par à-coups nerveux, et la face se tendre autour des moustaches. Aucun de ces signes ne fait preuve à lui seul, car un chat en plein jeu peut sembler pareil une seconde ou deux. Mais tenus plusieurs minutes dans une pièce calme et silencieuse, ils se lisent clairement comme de la détresse.
Les déclencheurs les plus courants
La plupart des stress félins remontent à un changement dans le territoire ou la routine du chat. Les coupables habituels sont un nouvel animal, un nouveau conjoint ou un bébé dans la maison, un déménagement, des travaux avec leur bruit et leurs inconnus, une litière sale ou mal placée, le simple ennui chez un chat d'intérieur peu stimulé, et les tensions avec un autre chat autour de la nourriture, de la litière ou des endroits favoris. Le chat est un animal d'habitudes, et même une pièce réaménagée ou un horaire de repas décalé peuvent perturber un individu sensible. Si vous venez d'accueillir un nouveau venu, notre guide sur que faire quand on trouve un chat errant détaille la présentation lente et séparée qui garde les deux chats calmes et réduit les risques d'un bras de fer durable.
Le recoupement médical à ne pas sauter
Avant de traiter tout cela comme du comportement, consultez un vétérinaire, car les signes de stress et la maladie sont identiques vus de l'extérieur. Un chat qui force dans la litière, qui se lèche le ventre jusqu'à le peler ou qui refuse de manger peut être stressé, ou bien souffrir d'une obstruction urinaire, de douleurs, d'une maladie dentaire ou d'une thyroïde hyperactive. Une affection se trouve pile sur la ligne : la cystite idiopathique féline, une inflammation douloureuse de la vessie sans infection ni calcul en cause, où le stress est le déclencheur reconnu. Les chats qui en souffrent se toilettent souvent à l'excès, se cachent et urinent hors de la litière ; il n'existe aucun test unique pour la détecter, alors le vétérinaire pose le diagnostic en écartant les autres causes. Un chat mâle qui force pour uriner en ne produisant que peu ou rien est une urgence, pas un cas à surveiller de loin. L'ordre compte : d'abord l'examen physique, ensuite le plan comportemental.
Comment réduire le stress

Vous réduisez le stress d'un chat en lui rendant le contrôle de son environnement. Gardez une routine stable, car des repas, des jeux et des moments de calme prévisibles rassurent un chat plus que n'importe quel produit du commerce. Donnez-lui assez de ressources pour que rien ne soit à disputer : le conseil classique est une litière par chat plus une de secours, réparties dans la maison plutôt qu'alignées côte à côte, et notre guide de la litière pour chat détaille l'emplacement et le type de bac.
Ajoutez de l'espace en hauteur, arbres à chat, étagères et rebords de fenêtre dégagés, pour qu'un chat craintif puisse grimper au-dessus de l'agitation, et offrez-lui des cachettes fermées où se réfugier tranquillement. Jouez chaque jour avec une canne à pêche pour chat afin de brûler son énergie et de reconstruire sa confiance, et présentez les nouveaux animaux ou les nouvelles personnes lentement, d'abord par l'odeur et à travers une porte fermée. Les diffuseurs de phéromones aident certains chats et ne font rien pour d'autres dans les études ; considérez-les donc comme un complément peu risqué à discuter avec votre vétérinaire, jamais comme un substitut au traitement du déclencheur de fond.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon chat est stressé ?
Guettez un ensemble de changements plutôt qu'un signe isolé : se cacher davantage, se toiletter à l'excès ou négliger soudain son pelage, faire ses besoins hors de la litière, manger ou dormir autrement, jouer moins, et une nouvelle agressivité ou un besoin de contact inhabituel. Un seul symptôme est une preuve faible ; une rupture nette avec la routine normale de votre chat, voilà le vrai signal. Comme ces signes recoupent la maladie, la visite chez le vétérinaire passe d'abord.
Comment se comporte un chat stressé ?
Un chat stressé a tendance à se faire petit et invisible : il se tapit, se cache de longs moments, garde les oreilles rabattues ou pivotantes et les pupilles dilatées, et tient sa queue repliée ou plaquée. Certains se replient et cessent de jouer, d'autres deviennent irritables ou anormalement collants. Le comportement est en général discret, car cacher sa faiblesse est un instinct de survie.
Comment calmer un chat stressé ?
Supprimez ou réduisez d'abord le déclencheur, puis rendez le contrôle au chat : une routine stable, assez de litières et de points de nourrissage pour que rien ne soit à disputer, des perchoirs en hauteur et des cachettes fermées, et du jeu quotidien. Ne forcez jamais le contact sur un chat effrayé ; laissez-le sortir à son rythme. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire sur les diffuseurs de phéromones, qui aident certains chats mais pas tous.
Que donner à un chat stressé ?
Aucun aliment ne règle le stress, mais un vétérinaire peut suggérer des régimes ou des friandises apaisants contenant du L-tryptophane ou de l'alpha-casozépine, ou un complément sur ordonnance. Ce sont des aides légères, pas des remèdes, et elles ne fonctionnent qu'en parallèle de l'aménagement de l'environnement. Ne donnez pas de médicaments anxiolytiques pour humains ni de compléments non prescrits sans avis vétérinaire.
Combien de temps dure le stress chez le chat ?
Cela dépend de la cause. Un stress de courte durée dû à une visite chez le vétérinaire ou à un orage passe en général en quelques heures à quelques jours une fois le déclencheur disparu. Un stress lié à un problème persistant, comme un conflit avec un chat du foyer ou un changement permanent dans la maison, peut durer des semaines ou devenir chronique si la cause de fond n'est pas traitée : c'est là qu'il commence à affecter la santé.
Comment faire pour détendre un chat ?
Offrez-lui une routine prévisible, beaucoup de ressources qu'il n'a pas à disputer, de l'espace en hauteur pour grimper et des cachettes où se réfugier, et du jeu quotidien pour brûler son énergie. Laissez le chat fixer le rythme du contact au lieu de le prendre dans vos bras quand il est tendu. S'il reste anxieux malgré tout cela, consultez un vétérinaire pour écarter une douleur ou une maladie.
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